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Jean Dularge (1965-1966) 

Photo : Rémi Belliveau

Jean Dularge (1965-1966) est un projet transdisciplinaire qui explore les frontières poreuses entre les disciplines de l’art visuel, de l’histoire et de la musique par l’entremise de la recherche-création. Il consiste à générer le récit historique d’un chansonnier acadien fictif, nommé Jean Dularge, afin d’explorer le patrimoine immatériel de la musique acadienne des années 1960. Cet alter ego autofictif que j’adopte dans ma création me permet de voyager dans le temps et de vivre l’expérience d’un musicien acadien à l’ère du rock naissant, ce qui comprend fréquenter le milieu professionnel à Montréal, interagir avec les maisons de disques, enregistrer un album avec les technologies analogues et commercialiser un disque vinyle. Ainsi, le travail que je fais en atelier et en galerie consiste à simuler ces expériences par l’entremise de mon personnage de création et donc de générer les documents apocryphes de sa vie fictive. Ces documents sont conçus à l’image d’artéfacts produits par des musiciens célèbres comme Bob Dylan et incluent des correspondances que je compose, des partitions musicales que j’écris, des chansons que j’enregistre ainsi que des effets personnels que j’accumule. Ce sont ces documents qui servent d’objets d’art destinés à l’exposition. Ils devront témoigner de l’expérience singulière que seul un chansonnier acadien aurait vécu sur la scène rock montréalaise en 1965-1966.

(Image ci-haut) Proposition, décembre 1965, 2018, dimensions variables, lettre dactylographiée, photo argentique, vinyle, partition et pièce sonore. Cette première itération de mon projet de maitrise témoigne des évènements de l’automne 1965 lors desquels Jean Dularge a composé ses premières chansons avec son nouveau collaborateur, le pianiste Adam Savoie. En novembre 1965, suite à l’approbation de Jean-Guy Gagnon (gérant de Dularge), les deux musiciens se sont pointés dans un studio payant afin d’enregistrer une démo qu’ils pourraient envoyer aux studios montréalais. Les archives que l’on retrouve dans l’installation recomposent d’une certaine façon l’expérience des administrateurs de studios au moment où ils recevaient le dossier d’un artiste acadien inconnu et écoutaient sa démo pour la première fois.